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Chef du Pilotage de la Gironde

Pendant le guerre 1914-1918, la Marine militaire était chargée selon les anciennes lois et les décrets en vigueur, du pilotage sur les côtes de France, alors qu'en temps normal le pilotage relevait de la Marine marchande.

Depuis plus de 30 ans on essayait en vain d'organiser le pilotage de la Gironde, tâche ardue qui avait été entreprise sans résultats, peut-être à cause de mentalités différentes des trois stations, Royan, Pauillac, Bordeaux, et de l'esprit d'indépendance de chacune, du fait qu'elles étaient constituées en corporations, ce qui en faisaient des unités autonome.

Celui-ci s'étendait sur la distance de 120km de la mer de Bordeaux, comptant 151 pilotes. En 1918, on envoya à Bordeaux monsieur Castro, Président de la Fédération des pilotes de France et des Colonies, qui avait dit au ministre: " je suis un ancien pilote et saurai parler à mes collègues, et j'organiserai le pilotage."

Monsieur Castro fit plusieurs réunions de pilotes dans les trois stations, et sous les huées générales fut obligé de reprendre le train pour le Havre.

La Marine militaire ne voulut pas encaisser l'échec sans réagir, et elle désigna monsieur Pieraz, ancien major de promotion de l'Ecole Navale. Ayant quitté la Marine vers trente ans pour fonder à Marseille une industrie qui marchait très bien, l'on s'était dit: il ne sera pas trop militaire et pourra se faire comprendre des pilotes. Le commandant Pieraz resta à Bordeaux jusqu'au début de janvier 1919, et rendit son tablier à l'amiral de Bon, chef d'Etat-major, en lui disant: «  Les pilotes qui n'ont jamais eu de chef, n'en veulent pas voir, et personne ne réussira à organiser le pilotage de la Gironde ».

La Chambre de commerce, la douane, d'accord avec les Pilotes, ne veulent donner aucun renseignement et Pieraz demanda un congé de convalescence de trois mois, ce qui fut accordé.

Lorsque l'amiral de Bon rendit compte à monsieur Leygues, ministre de la Marine, son gendre, celui-ci se mit en colère et dit avec violence: « Je ne veux pas admettre que la Marine déclare sa carence, il faut me trouver quelqu'un, cherchez ! » Et l'amiral de Bon promit de chercher; Il fit appeler l'amiral Escande, son sous-chef d'Etat-major et lui dit : « Cherchez de votre côté. »

Ceci se passait au début de janvier 1919. Or aprés l'armistice Clémenceau avait donné l'ordre formel que ses ministres ne fassent mettre au tableau d'avancement que des poilus, or il se trouvait qu'Edouard Gamas était l'officier le plus cité de la Marine française, et comme il avait déjà été promu capitaine de Corvette avec sept ans d'avance sur ses camarades, la comission de classement voyait avec plaisir le faite de le mettre au tableau; mais il avait déjà à cette époque 6 enfants. Sa situation de fortune avait été très touchée par la guerre.


Malgré la brillante carrière qui attendait Edouard Gamas dans la Marine, il avait dû envisager l'obligation de la quitter. Il s'en était ouvert à plusieurs membres de la commission de classement, dont l'amiral le Bon et l'amiral le Bris, leur disant de ne pas perdre leurs voix sur son nom puisqu'il était décidé à chercher une situation en dehors de la Marine.


Lorsque le lendemain de l'entrevue avec monsieur Leygues, l'amiral de Bon rencontra l'amiral Escande, tous deux à la fois dirent le même nom: Gamas. L'amiral de Bon me fit alors appeler et lui dit : 

- Gamas, je ne vous aurais jamais proposé cette chose car je sais la grande carrière qui vous attend, mais c'est vous-même qui, en novembre 1918, avait déclaré votre intention de quitter la Marine. J'estime que vous êtes le seul qui puissiez réussir le pilotage de la Gironde, c'est une situation, lui dit-il, de 50 000 francs que je vous offre. 

Gamas accepta donc mais à la condition de rester officier d'ordonnance du ministre de la Marine et de n'entrer en fonction à Bordeaux pour organiser le pilotage qu'à titre de mission temporaire, et le 19 janvier 1919, il arrivait à Bordeaux. Pour réussir cette mission, il s'agissait de montrer, non seulement, une compétence avertie des choses maritimes, mais surtout un sens avisé des difficultés d'ordre psychologique.


Edouard gamas mit sur pied un service modèle cité comme type dans les écoles de navigation et qui, tout de suite, lui valut les félicitations de la Marine Américaine dont la base était à Bordeaux-Bassens, en termes particulièrement élogieux :

- Un changement et des progrés considérables se sont effectués dans le pilotage, non seulement dans la façon avec laquelle les pilotes s'acquittent de leur tâche, mais aussi dans le nouvel esprit de bon vouloir qui les anime et le concours dont ils ont fait preuve. Le fonctionnement parfait qu'à atteint aujourd'hui le pilotage, sous la haute main de monsieur Gamas atteste les qualités et les aptitudes de cet officier, et les obligations que la Marine Américaine lui doit. Le 25 août 1921, Edouard Gamas prit sa retraite militaire et fut nommé « Chef de pilotage de la Gironde.

Le Syndic des pilotes avait l'occasion en 1928 de dire ceci : "Encore une fois, merci, Commandant, pour tout ce que vous avez fait pour nous et les notres, et acceptez comme gagge de notre reconnaissance infinie, l'engagement solennel que les pilotes sauront toujours et partout se montrer dignes du plus aimé et du plus vénéré des chefs."

En 1922, il organisa le Service de Sauvetage en haute mer dans le Golfe de Gascogne. Ce service fonctionna si efficacement que de 1922 à 1940, aucune existence humaine ne fut perdue par suite de naufrage, alors qu'au cours des dix dernières années qui ont précédé la guerre de 1914, le nombre de victimes de sinistres maritimes était de 102.

 

Le 27 novembre 1940, le poste de "Chef de pilotage de la Gironde" fut interdit pas la Gestapo.



Si les marins de Dixmude adoraient leur Capitaine, on peut affirmer que les pilotes de la Gironde avaient voué à leur chef une respectueuse admiration.  Le temps n'a pas émoussé cette vénération puisqu'en 1955, à l'unanimité, les pilotes de la Gironde on décidé de donner au nouveau navire de mer le nom de « Commandant Gamas ».

 

Serviteur de France d'Outre-Mer

Mais l'activité du Commandant Gamas s'est étendue à bien d'autres domaines que le domaine purement maritime. C'est aussi un grand serviteur de la France d'Outre-Mer. Voici quelques une des Associations dont il était membre :

- Président interfédéral d'Honneur de la Fédération Française des Coloniaux et anciens Combattants Coloniaux

- Président interfédéral d'Honneur de la Fédération internationale des coloniaux

- Vice-Président fondateur de l'Association de Prévoyance sociale d'Outre-Mer

- Vice-Président fondateur du Cercle de la France d'Outre-Mer

- Membre du Grand Conseil de la Ligue Maritime et d'Outre-Mer

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