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Bataillon des Fusiliers-marins à la Panne (Belgique)
Commandant de Maupéou et Capitaine Gamas
L'amiral Ronarc'h et son Etat-major
(Belgique)

 

Ronarc'h et Gamas

(Récits)

Le 17 novembre 1914 la brigade des Fusiliers-marins quittait Dixmude pour se rendre à Dunkerque ou elle devait en principe gouter au repos qui semblait bien mérité.

A un moment donné, l'amiral Ronarc'h descend de son auto, prend le capitaine Gamas par le bras et fait avec lui deux ou trois kilomètres à pied, puis s'arrète pour voir défiler la 7ième compagnie du 2ième régiment: compagnie Gamas. L'amiral remarqua que quelques hommes de la 2ième section qui avaient laissé leurs fusils à leurs camarades, avaient quitté leur rang pour faire ce que l'on pense dans un champs voisin. L'amiral se dirigea vers eux et leur fit de vives remontrances pour leur indiscipline, leur disant qu'en aucun cas on ne devait quitter la colonne de marche. En entendant ces paroles, le capitaine Gamas se mis au garde-à-vous, la main droite à la casquette et dit :

- Amiral, je ne peux m'associer moralement aux paroles que vous venez de prononcer, car, ce que ces hommes font, je l'ai fait moi-même il y a environ une heure, profitant pour cela du passage dans un village Belge. Les capitaines de Compagnie feront respecter la consigne, lorsque vous aurez des capitaines de Frégate qui connaitront les règles de marche, et en particulier les haltes horaires. Or depuis trois heures nous marchons sans haltes horaires et dans ces conditions il est bien naturel que des hommes se trouvent dans l'obligation de quitter de temps en temps la colonne pour satisfaire des besoins très naturels.

Je laissai l'amiral devant ce que ces hommes faisaient et je gagnai la tête de compagnie.

Nous arrivons à Dunkerque, je loge ma compagnie et je me mets à table; nous étions à peine au dessert que monsieur Pelles des Forges, enseigne de Vaisseau de l'Etat-major de l'amiral fit dire au capitaine que l'amiral Ronarc'h le demandait. En entendant cela mon ami de Bearn me dit :

- Capitaine, qu'est-ce que vous allez prendre !

- Nous verrons.

J'arrive devant l'amiral, je me mets au garde-à-vous, et lui dis la parole sacramentelle :

- A vos ordres, Amiral.

Alors il me dit :

- Gamas, vous avez été dur avec moi tout à l'heure, j'ai fait mon enquète, vous aviez raison. Pouvez-vous me serrer la main sans rancune ?

- Mais oui, Amiral.

Et nous nous serrâmes la main, et ce fut ce même amiral qui dans mes notes de mars 1917 et d'octobre 1918 me mit « Officier d'un grand caractère » Un autre aurait mis « Bâton de poulailler.»

 

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