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Le capitaine Edouard Gamas à Coxyde les Bains
(1916-1917)

 

La ferme Gamas

23 octobre 1914. Sur la rive gauche de l'Yser, à peu prés à droite de la minoterie, existait une grande ferme, dirigée par les propriétaires, le mari et la femme. Le cheptel se composait d'environ 250 poules, une douzaine de porcs, 5 ou 6 vaches, quelques veaux, etc. La propriétaire, dont le fils servait dans les rangs de l'armée Belge, passait tout son temps à pleurer, tous les obus boches qui tombaient sur Dixmude lui marmitait le coeur, de plus elle ne pouvait s'empécher de penser à son fils, si bien qu'un jour, elle demanda à son mari de quitter Dixmude. Celui-ci acquiesça.


Or la 7ième compagnie occupait, aprés l'affaire du 19 octobre qui avait couté tant d'existence humaines au bataillon Pugliesi-Conti, les tranchés sur la rive gauche de l'Yser, en face de cette ferme. Et c'était dans cette ferme, que les hommes préparaient leurs repas et que les officiers y mangeaient.

Un jour donc, le propriétaire de la ferme dit au capitaine Gamas :

- Vous êtes un brave homme. Vous ne serez pas touché par mon départ, je vous laisse ma ferme, mais à une condition, c'est que tous les animaux qui seront sacrifiés, le soient par vos ordres, afin que les Fusiliers-marins en profite le plus longtemps possible.

Bien entendu, quand cela fut su de la Brigade, on appela cette ferme la ferme Gamas. Elle avait été répérée et les bâtiments principaux mis hors de service, si bien que les officiers de la 7ième compagnie auxquels s'étaient joints des officiers d'une autre compagnie du même bataillon, prenaient leurs repas dans une annexe.

Un jour, pendant le déjeuner, les Boches qui avaient peut-être repéré l'endoit ou déjeunaient les officiers parce que cet endroit était tout près d'une cuisine d'où, malgré toutes les précautions prises, s'échappaient quelquefois de gros flocons de fumée, les Boches donc, se mirent à marmiter l'annexe où les officiers se trouvaient. Un moment d'émoi !... Le capitaine Gamas dit alors :

- Je suis ici pour déjeuner. Je déjeunerai jusqu'à mon café inclus. Mais dés qu'il sera pris, je partirai et j'engage tous ceux qui tiennent à leur peau à le faire comme moi.


Le café pris, tous les officiers s'agayèrent, mais son ordonnance, le jeune Pelletier et son cuisinier se croyant plus forts que les autres, où désireux de mettre de l'ordre dans la vaisselle avant de partir, restèrent dans la cuisine. Quelques minutes aprés le départ des officiers, un obus tombait juste sur la cuisine, tuait le cuisiner et blessé griévement Pelletier.

Ce que voyant, le capitaine Gamas revint sur ses pas, fit déblayer les décombres. Pelletier fut mis sur un brancard et déposé dans un grange que les obus avaient jusque-là respectée. S'étant rendu compte de l'inutilité de tout ce qui pouvait être fait en faveur du cuisinier, le capitaine regagna sa tranchée, ce qui le fit passer devant la grange ou Pelletier se trouvait. Sortant brusquement de lui-même, Gamas dit :

- Enlevez-le immédiatement et tout de suite !

- Mais, Capitaine, dit l'un des brancardiers, il est à l'abri.

- Pas d'explications ! Enlevez-le.

Et ils l'enlevèrent. Ils avaient fait quelques pas...Un obus tomba sur la grange à l'endroit précis qu'occupait quelques minutes plus tôt Pelletier. Et c'est ainsi qu'il fut sauvé...Intuition !

 

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